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Ciao Lorenzo

Il y a des mots qu’on ne voudrait jamais écrire ou prononcer. Lorenzo Bramanti nous a quittés. Si vous nous connaissez, si vous suivez notre travail, vous connaissez Lorenzo. À l’origine du concept des « forêts animales marines » – ces écosystèmes qu’il étudiait sans relâche dans le monde entier –, il codirigeait le programme scientifique DeepLife, colonne vertébrale scientifique d’Under The Pole depuis 2021. Mais il était avant tout un ami précieux, un binôme, un membre de notre famille Under The Pole.

Chercheur en biologie marine au CNRS, plongeur d’exception, compagnon d’aventure, naturaliste, philosophe, poète, il était immense par sa générosité, son humour, sa camaraderie, son humanité, ainsi que pour son talent de pédagogue dont il usait pour répondre aux questions et transmettre sa passion pour le vivant. Il a été de toutes les expéditions Under The Pole depuis 2019, il laisse un vide incommensurable.

 

Nous avons eu le privilège de vivre de magnifiques et enrichissantes expéditions à ses côtés, profitant de sa curiosité sans fin, de sa bonne humeur permanente, de ses savoirs multiples. Nous partagions l’excitation de la découverte, la joie des victoires remportées ensemble, les soucis parfois, les grandes décisions « on part en Antarctique !! ». Il disait qu’avec Under The Pole, il avait rassemblé toutes ses compétences : skipper, plongeur, chercheur. Depuis plusieurs années, nous prenions presque toutes les décisions avec lui. De binôme, nous étions devenus trinôme.

Nous vivions ensemble une partie de l’année. À bord du Why, nous avons fêté des anniversaires et Noël, chanté, dansé, blagué. Nos enfants disaient de lui « qu'il était le plus âgé des enfants du bateau » et il l’avait inscrit sur son compte Instagram personnel. Il avait cette âme d’enfant et le savoir d’un sage. On a débattu des heures de l’intelligence des orques, qui nous avaient offert ce si bel échange en Antarctique. On s’inquiétait du monde et on célébrait sa beauté.

 

Lorenzo était un plongeur exceptionnel, comme il y en a peu, lui-même héritier d’une famille de plongeurs. Il était de toutes les plongées, même dans les conditions polaires les plus rudes. Il veillait toujours sur nous, comme nous sur lui. Ces plongées que nous faisions ensemble n’étaient pas anodines : elles étaient toutes profondes, dans un espace où peu de scientifiques travaillent, dans la zone des 100 m et parfois bien au-delà. Un exercice qui prend du temps et qui unit.

Souvent, nous avons échangé à demi-mot sur les conditions du jour, jaugeant la mer, le vent, le froid ou la pluie et considérant la fatigue de chacun. Dans le carré, sur le pont, en surface avant l’immersion ou au fond, nous avons eu mille fois ces échanges de regards, qui traduisent en un instant toutes les émotions d’une situation.

 

Nous avons vécu des descentes dans le bleu mésophotique, où pendant de longues minutes, nous nous enfoncions dans les profondeurs. Nous avons navigué côte à côte dans des mondes parallèles inexplorés, toujours à la recherche des « forêts animales marines ». Investis de la mission qu’il nous confiait avec passion, nous l’avons assisté pour échantillonner, mettre en place des bancs d’essai ou installer des capteurs.

Parfois, la plongée se prolongeait au-delà du programme et il fallait sonner plusieurs fois le moment de remonter ! Avec Lorenzo, nous avions cette complicité, construite dans le temps à travers les moments heureux ou difficiles, que nous avions vécus ensemble, en mer.

 

Nous partageons ces mots qu’il nous avait envoyés pour la journée de l’Océan, le 8 juin dernier, et qui témoignent de cette vision scientifique qui le guidait : « Aujourd’hui, le terme « forêts animales marines » est de plus en plus utilisé, ce qui est un signe positif. Mais la valeur de ce terme ne réside pas dans sa puissance rhétorique ; elle réside dans sa capacité à structurer des questions de recherche, à générer des hypothèses vérifiables et à produire des résultats qui font progresser la compréhension écologique. C’est là tout le sens du travail que nous menons : contribuer à transformer une intuition écologique en un cadre conceptuel solide afin de pouvoir mieux décrire, comparer et protéger ces écosystèmes. À une époque où les mots se transforment rapidement en slogans, la recherche scientifique a toujours pour mission essentielle de distinguer ce qui semble convaincant de ce qui est réel et scientifiquement solide. Pour nous, les « forêts animales marines » ne sont pas seulement un nom, elles constituent une question ouverte, un axe de recherche et une manière rigoureuse de décrire l’océan. »

 

On pense à sa famille, sa Mama, son Papa, son frère et sa petite nièce qu’il aimait plus que tout, ses nombreux amis, ses collègues et ses étudiants qu’il adorait. On pense à notre équipe et aux quinze de l’Antarctique avec qui nous avons vécu cette immense et magnifique aventure.

On pourrait le citer mille fois tant on aimait ses pensées et ses écrits – et nous le ferons encore à l’avenir – mais, pour terminer, on choisit cette citation de lui :

« [...] Parfois les réponses trop faciles ne sont pas la solution. J'aimerais changer la façon dont les gens perçoivent la complexité. Non pas comme quelque chose de négatif, mais comme quelque chose à embrasser et à accepter. »

 

Lorenzo souhaitait voir émerger une science collaborative, pour accélérer le savoir et la protection. Il rêvait de voir les forêts animales marines reconnues, à la hauteur de leur importance, et de les voir étudiées dans les livres d’école.

Aujourd’hui nous sommes inconsolables. Demain, nous retournerons poursuivre ce qu’on a commencé ensemble.

Ciao Lolo

 

Manue & Ghislain

Au nom de toute l’équipe Under The Pole

 

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Ci sono parole che non si vorrebbero mai scrivere né pronunciare. Lorenzo Bramanti ci ha lasciati.

Chi conosce e segue il nostro lavoro, sicuramente conosce Lorenzo. Ideatore del concetto di «foreste animali marine» – quegli ecosistemi che studiava instancabilmente in ogni angolo del mondo – era co-direttore del programma scientifico DeepLife, la spina dorsale scientifica di Under The Pole dal 2021. Ma, prima di tutto, era un amico prezioso, un compagno insostituibile, un membro della nostra famiglia Under The Pole.

Ricercatore in biologia marina al CNRS, subacqueo straordinario, compagno di avventure, naturalista, filosofo, poeta, era una persona immensa per la sua generosità, il suo umorismo, il suo spirito di squadra, la sua umanità e il suo straordinario talento nel trasmettere il sapere, con cui rispondeva a ogni domanda e condivideva la sua passione per il mondo vivente. Ha partecipato a tutte le spedizioni Under The Pole dal 2019 e lascia un vuoto incolmabile.

Abbiamo avuto il privilegio di vivere al suo fianco spedizioni magnifiche e preziose, beneficiando della sua curiosità inesauribile, del suo contagioso entusiasmo e delle sue infinite conoscenze. Condividevamo l'emozione della scoperta, la gioia dei successi raggiunti insieme, le preoccupazioni, a volte, e le grandi decisioni: «Si parte per l'Antartide!!».

Diceva che con Under The Pole avesse finalmente riunito tutte le sue competenze: skipper, subacqueo e ricercatore. Da diversi anni prendevamo quasi ogni decisione insieme a lui. Da coppia eravamo diventati un trio. Trascorrevamo regolarmente insieme una parte dell'anno. A bordo del Why abbiamo festeggiato compleanni e Natale, cantato, ballato, scherzato. I nostri figli dicevano che «era il più grande dei bambini della barca», e lui aveva persino riportato questa frase sul suo profilo Instagram personale. Aveva l'anima di un bambino e la saggezza di un veterano. Abbiamo discusso per ore riguardo l'intelligenza delle orche, che ci avevano regalato uno degli incontri più straordinari durante la nostra spedizione in Antartide. Ci preoccupavamo del mondo e, allo stesso tempo, ne celebravamo la bellezza.

Lorenzo era un subacqueo eccezionale, uno di quelli che si incontrano raramente, erede egli stesso di una famiglia di subacquei. Era presente a ogni immersione, anche nelle condizioni polari più estreme. Vegliava sempre su di noi, così come noi vegliavamo su di lui.

Le immersioni che facevamo insieme non erano mai ordinarie: erano tutte profonde, in uno spazio in cui pochissimi scienziati lavorano, nella fascia dei 100 metri e talvolta ben oltre. Un'attività che richiede tempo e che crea legami profondissimi. Spesso bastavano poche parole per confrontarci sulle condizioni della giornata, valutando il mare, il vento, il freddo, la pioggia e la stanchezza di ciascuno. Nel pozzetto, sul ponte, in superficie prima dell'immersione o sul fondo, ci siamo scambiati mille volte quegli sguardi che, in un istante, racchiudono tutte le emozioni di una situazione.

Abbiamo attraversato insieme il blu della zona mesofotica, scendendo lentamente verso le profondità per lunghi minuti. Abbiamo esplorato fianco a fianco mondi paralleli ancora inesplorati, sempre alla ricerca delle «foreste animali marine». Animati dalla missione che ci affidava con tanta passione, lo abbiamo affiancato nel campionamento, nell'installazione di banchi sperimentali e di sensori. Molte volte l'immersione si prolungava oltre il programma e bisognava richiamarlo più volte perché fosse il momento di risalire! Con Lorenzo avevamo costruito una complicità unica, nata nel tempo attraverso i momenti felici e quelli difficili vissuti insieme, in mare.

Condividiamo qui le parole che ci aveva inviato per la Giornata Mondiale degli Oceani dello scorso 8 giugno, testimonianza della visione scientifica che lo guidava:

«Oggi il termine “foreste animali marine” è sempre più utilizzato, ed è un segnale positivo. Ma il valore di questa espressione non risiede nella sua forza retorica; risiede nella sua capacità di strutturare domande di ricerca, generare ipotesi verificabili e produrre risultati che facciano progredire la comprensione ecologica. È questo il senso del lavoro che stiamo portando avanti: contribuire a trasformare un'intuizione ecologica in un solido quadro concettuale, per descrivere, confrontare e proteggere meglio questi ecosistemi. In un'epoca in cui le parole si trasformano rapidamente in slogan, la ricerca scientifica ha ancora il compito fondamentale di distinguere ciò che appare convincente da ciò che è reale e scientificamente fondato. Per noi, le “foreste animali marine” non sono soltanto un nome: sono una domanda aperta, una linea di ricerca e un modo rigoroso di descrivere l'oceano.»

Il nostro pensiero va alla sua famiglia, a sua mamma, al suo papà, a suo fratello e alla sua amatissima nipotina, ai suoi tantissimi amici, ai suoi colleghi e ai suoi studenti, ai quali era profondamente legato. Pensiamo anche alla nostra squadra e ai quindici compagni della spedizione in Antartide, con i quali abbiamo condiviso questa immensa e straordinaria avventura.

Potremmo citarlo mille volte, tanto amavamo i suoi pensieri e i suoi scritti – e continueremo a farlo – ma vogliamo concludere con queste sue parole:

«[...] A volte le risposte troppo facili non sono la soluzione. Vorrei cambiare il modo in cui le persone percepiscono la complessità. Non come qualcosa di negativo, ma come qualcosa da accogliere e da accettare.»

Lorenzo desiderava vedere nascere una scienza sempre più collaborativa, capace di accelerare la conoscenza e la tutela del mondo naturale. Sognava che le foreste animali marine fossero finalmente riconosciute per la loro reale importanza e studiate nei libri di scuola.

Oggi siamo inconsolabili.

Domani torneremo a portare avanti ciò che abbiamo iniziato insieme.

Ciao Lolo.

Manue & Ghislain 

A nome di tutto il team Under The Pole

 

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There are words we never want to write or say. Lorenzo Bramanti has left us. If you know us, if you follow our work, you know Lorenzo. The originator of the concept of "marine animal forests" - those ecosystems he studied tirelessly all over the world - he co-directed the DeepLife scientific program, the scientific backbone of Under The Pole since 2021. But above all he was a precious friend, a partner, a member of our Under The Pole family. A marine biology researcher at the CNRS, an exceptional diver, a companion in adventure, a naturalist, philosopher, poet - he was immense in his generosity, his humor, his camaraderie, his humanity, and in his gift for teaching, which he used to answer questions and pass on his passion for living things. He took part in every Under The Pole expedition since 2019, and he leaves behind an unfathomable void.

We had the privilege of living through magnificent, enriching expeditions at his side, enjoying his endless curiosity, his constant good humor, his wide-ranging knowledge. We shared the excitement of discovery, the joy of victories won together, worries at times, and the big decisions - "we're off to Antarctica!!" He would say that with Under The Pole, he had brought together all his skills: skipper, diver, researcher. For several years, we made nearly every decision together with him. From a pair, we had become a trio. We lived together for part of each year. Aboard the Why, we celebrated birthdays and Christmases, sang, danced, joked around. Our children said he was "the oldest of the boat's children," and he had even put that on his personal Instagram account. He had the soul of a child and the wisdom of a sage. We spent hours debating the intelligence of orcas, who gave us that beautiful encounter in Antarctica. We worried about the world and celebrated its beauty.

Lorenzo was an exceptional diver, one of the rare kind, himself the heir of a family of divers. He took part in every dive, even in the harshest polar conditions. He always watched over us, as we watched over him. The dives we did together were never trivial: they were always deep, in a zone where few scientists work, in the 100-meter range and sometimes well beyond. It's an exercise that takes time, and that bonds people together. Often we'd exchange a few words about the day's conditions, gauging the sea, the wind, the cold or the rain, weighing everyone's fatigue. In the mess, on deck, at the surface before immersion or down below, we shared a thousand of those glances that convey, in an instant, all the emotions of a moment. We lived through descents into the mesophotic blue, sinking for long minutes into the depths. We swam side by side through unexplored parallel worlds, always searching for "marine animal forests." Entrusted with the mission he gave us with such passion, we assisted him in sampling, setting up test benches, or installing sensors. Often the dive would run past its planned time, and the signal to surface had to be given more than once! With Lorenzo we shared that closeness built over time, through the happy and difficult moments we lived together at sea.

We want to share these words he sent us for World Ocean Day, this past June 8th, which reflect the scientific vision that guided him:"Today, the term 'marine animal forests' is increasingly used, which is a positive sign. But the value of this term doesn't lie in its rhetorical power; it lies in its capacity to structure research questions, generate testable hypotheses, and produce results that advance ecological understanding. That's the whole point of the work we do: to help turn an ecological intuition into a solid conceptual framework, so we can better describe, compare, and protect these ecosystems. In an age when words quickly turn into slogans, science's essential mission has always been to distinguish what merely sounds convincing from what is real and scientifically sound. For us, 'marine animal forests' are not just a name, they are an open question, a research direction, and a rigorous way of describing the ocean."

We think of his family, his Mama, his Papa, his brother and his little niece he loved so much, his many friends, his colleagues, and the students he adored. We think of our team, and of the fifteen who shared that immense, magnificent Antarctic adventure with us.

We could quote him a thousand times over, we loved his thoughts and his writing so much, and we will keep doing so in the future, but for now, we'll close with this quote of Lorenzo’s words: "[...] Sometimes the easy answers aren't the solution. I'd like to change the way people see complexity. Not as something negative, but as something to embrace and accept."

Lorenzo wanted to see a collaborative science emerge, to speed up knowledge and protection. He dreamed of seeing marine animal forests recognized for the importance they deserve, and studied one day in school textbooks.

Today we are inconsolable. Tomorrow, we will go back to carrying on what we started together.

Ciao, Lolo

Manue & Ghislain 

On behalf of the whole Under The Pole team