Qu'est-ce que le krill ?
Ce petit crustacé, également appelé Euphausia superba, constitue la base de la chaîne alimentaire de l’océan Austral autour de l’Antarctique.
Le krill représente la principale source d’alimentation de la majorité des mammifères et oiseaux vivant en Antarctique. De nombreuses espèces migratrices, telles que les baleines, traversent même chaque année l’océan jusqu’en péninsule Antarctique afin de se nourrir de ces populations de krill, qui leur fourniront assez d’énergie pour assurer leur reproduction dans les eaux tropicales où elles mettent bas. Le krill, de par sa biomasse phénoménale, représente également un maillon central dans le captage du carbone atmosphérique par les écosystèmes polaires. En se nourrissant de phytoplancton puis en coulant au fond de l’océan, il participe à la séquestration à long terme du carbone qui contribuerait autrement au réchauffement climatique.
Aujourd’hui, les populations de krill subissent de multiples changements environnementaux, qui commencent tout juste à être étudiés et compris. Ces changements, liés en grande partie au réchauffement climatique et à l’augmentation des populations de baleines, sont accentués par une pression grandissante de la pêche industrielle. En effet, au cours des dix dernières années, les captures de krill par les chalutiers industriels n’ont cessé d’augmenter et de se concentrer de plus en plus dans des zones de haute importance écologique. Ces pêches viennent concurrencer les besoins alimentaires des baleines, phoques et manchots.
Le krill, prisé pour ses huiles et ses protéines, est principalement pêché pour nourrir le saumon d’élevage en Norvège, fabriquer des compléments alimentaires tels que les oméga-3, ou encore produire de la nourriture pour chien. Cette industrie, qui profite aujourd’hui à une poignée d’industriels et aux consommateurs les plus aisés, exerce une pression de plus en plus forte sur l’une des dernières régions préservées de notre planète.
La création de l’Aire Marine Protégée Domain 1, que nous encourageons, permettrait d’instaurer une régulation spatialisée en péninsule Antarctique, qui contrôlerait le volume mais aussi la répartition des activités de pêche du krill. Ces régulations permettraient de garantir une distribution équilibrée des pressions liées à la pêche du krill à travers les saisons et les habitats, et contribueraient à minimiser les impacts de cette industrie sur les espèces qui dépendent du krill pour leur survie.
